Le ski est un sport de glisse qui se pratique avec des patins longs et étroits également appelés skis, fixés aux pieds. Principalement connu par le ski sur neige, introduit dans les Alpes et les autres massifs européens, comme les Vosges, la Forêt-Noire, le Jura, à la fin du XIXe siècle, il peut également s'adapter sur toutes surfaces glissantes possédant une tension superficielle non négligeable : l'eau, on parle alors de ski nautique, les roches comme le sable, les prairies en pente, les sols couverts d'aiguilles de pin, de neige ou de glace artificielles, les armatures en treillis couvertes de feutres ou de textiles synthétiques des pistes en salle. La pratique du ski sur la neige naturelle est évidemment dépendante de la présence, de la résistance et de l'épaisseur du manteau neigeux. Celui-ci varie en fonction principalement de l'altitude, de la saison et de l'exposition au soleil, elles-mêmes fonction de la latitude, voire de la longitude, comme la limite pluie/neige moyenne du milieu. Les stations de sports d'hiver ont été aménagées dans des lieux propices à la pratique du ski et équipées de remontées mécaniques, de canons à neige, etc. Le ski est resté longtemps seulement un moyen de déplacement et un mode de transport, communs pendant les longs hivers enneigés dans les pays nordiques, les contrées sibériennes et les montagnes de l'Asie centrale. Le ski dit « nordique » est originaire de Scandinavie, il regroupe aujourd'hui le ski de fond et le saut à ski. Il existe aussi plusieurs techniques nordiques de ski de randonnée et de descente, qui portent le nom de localités ou de contrées de Norvège : le télémark, le christiana… Le ski de descente dont la pratique à la mode, après des débuts moqués et hésitants à la fin du XIXe siècle, fait fureur à la fin de la Belle Époque sur les principaux massifs du monde entier, consiste à descendre des pentes de déclivité variable. Ce loisir a conduit à la construction de sites équipés de remontées mécaniques, générant un vaste secteur touristique, notamment dans les Alpes. Ce sport s'est ainsi appelé en Europe ski alpin. Les skis de descente sont plus larges que les skis de fond et le pied y est fixé à l'avant comme à l'arrière.
A savoir ...
Le mot français ski(e) survient dès 1841, par l'intermédiaire de la simple lecture défectueuse, comme l'atteste sa prononciation spécifique, peut-être par l'anglais ou l'allemand, du mot norvégien ski, prononcé [ʃi]. Le mot français skie paraît hésiter entre féminin et masculin. En 1841, il est plutôt du genre féminin. En 1876, après son entrée au dictionnaire de Pierre Larousse, il adopte le genre masculin. En 1891, il perd son e final et devient ski. Le terme norrois, langue à l'origine du rameau des langues scandinaves, ski remplace le mot patin en usage depuis le siècle des Lumières. Le vieux-norvégien skidh désigne une billette de bois, une chaussure ou une raquette pour la neige. Le verbe norrois skidh, c'est-à-dire briser ou fendre, s'apparente au grec schizein, fendre, au latin scridere, scinder, provoquer la scission, au gothique skaider, séparer. En norvégien, ski signifierait morceau de bois. Il n'est toutefois pas à exclure que le terme norrois soit né d'un rapprochement avec un mot onomatopée d'une langue non indo-européenne, le finnois de Scandinavie aujourd'hui disparu au sud. Les dialectes finnois proches de la mer Baltique emploient les termes suhsi, suksi, suks, sohs. Les Toungouzes de Sibérie orientale connaissent suuksildae, huksille... D'une manière générale, les peuples du Nord euro-asiatique, Zyrianes, Sames, Vogoules, Ostiaks, Samoyèdes connaissent l'art du ski et le pratiquent beaucoup plus assidûment que les scandinaves méridionaux. Le passage d'un groupe de skieurs génère des sons de frottements chuintants ou doucement susurrants selon la nature et la consistance de la piste glacée ou enneigée. L'art du ski aurait été appris par les premiers Germains scandinaves, locuteurs du norrois primitif, mais leur maîtrise technique du travail du bois et du métal leur ont permis d'assimiler le vocable fenno-scandinave et de fabriquer plus aisément l'ustensile. Les sagas norvégiennes décrivent les exploits d'Ullr, le dieu lumineux du ski et de Skadi, la déesse aux raquettes qui préside à la mort froide. En réalité, ces deux divinités du panthéon nordique sont les derniers géants de la montagne, qui témoignent d'un monde disparu. Les rois mythiques de l'ancienne Norvège privilégient ce mode de déplacement pour des raisons rituelles, mais se révèlent aussi d'habiles skieurs. Parmi ces rituels, le saut à ski est un acte de bravoure.